Le pervers en famille

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Vous rêvez d’un conjoint aimant, responsable ? Vous faites don de votre personne pour le bien être de votre famille ? Et bien, si vous avez la malchance d’avoir un pervers pour partenaire, le quotidien ne va pas être aussi idyllique…

 

L’objectif de cette partie est de présenter, en m’appuyant sur mon expérience personnelle mais également sur les divers témoignages et recherches, les conséquences d’une relation perverse sur les membres de la famille. Il est impossible de généraliser ce qui va suivre pour toutes et tous, les situations n’étant pas aussi stéréotypées que la personnalité du pervers lui-même.

 

Ainsi, la ligne de conduite de ce travail est la suivante : témoigner de la dangerosité d’un pervers dans la famille. Pour se faire, il est important, à mes yeux, d’étudier la mise en place du syndrome d’aliénation parentale (SAP), forme ultime (mais fort heureusement non systématique) de manipulation perverse et de destruction familiale sur laquelle nous reviendrons plus en détail dans la partie appropriée.

 

Voici donc les prémices d’un cauchemar éveillé pour le conjoint d’un pervers :

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I. Vivre avec un pervers sous le même toit
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1ère étape : le flou artistique

Comme nous l’avons vu dans la première partie, le quotidien avec un pervers n’est pas de tout repos. En effet, alors « que la famille ou la personne avec qui l’on a un lien d’amour est censée nous aimer, nous réconforter, nous protéger, il arrive, qu’au contraire, l’on soit brimé, insulté, rabaissé ». La violence perverse dans la sphère privée 

Cette affirmation qui paraît évidente, voire logique, lorsque l’on sait que le conjoint en question est pervers narcissique, n’a aucun sens au début d’une relation avec celui-ci.

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> Le premier souffle de la tempête est le suivant : un sentiment d’INCOMPRÉHENSION et d’IMPUISSANCE impossible à formuler.

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« Très souvent les sentiments que l’on ressent ou le lien de dépendance qui nous lient à cette personne nous empêchent de comprendre, de prendre conscience, de réagir. »   

 La violence perverse dans la sphère privée 

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         2ème étape : l'apprenti psychologue

Ce malaise qui ne se dissipera pas, va conduire le partenaire victime à chercher des explications.

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> Première explication envisagée : le pervers est MALADE et a besoin d’une aide PSYCHOLOGIQUE.

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          3ème étape
 : Seul(e)

La première piste va rapidement perdre son sens. En effet, si le pervers accepte la consultation avec un professionnel, celle-ci s’avérera tout sauf salvatrice. Dans cette situation, le partenaire victime perçoit souvent le psychologue comme incapable de mesurer l’urgence de la situation. 

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> Conséquence : le sentiment d’impuissance s’affirme, sentiment sur lequel se greffe une grande SOLITUDE.

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         4ème étape : Ce n’est, qu'un au revoiiir, mes frères… 

Visiblement, personne ne s’affole, et ce même après le SOS lancé auprès du corps médical dans un premier temps, mais également auprès de l’entourage proche, sceptique vis-à-vis d’une inquiétude qui ne semble pas fondée.

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> La victime, se sentant incomprise, S’ISOLE.

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« Autour de soi pas de soutien car le pervers passe toujours pour quelqu’un de formidable. Evidemment ! Ne vous en désolez pas : puisque son arme, c’est la séduction. Ne tentez pas de convaincre vos amis ou les gens de votre famille. C’est inutile. Plus vous tenterez et plus vous heurterez leur logique et crisperez leur refus ! Eliminer les faux amis. N’essayez pas de convaincre ceux qui ne vous croient pas. Le pervers narcissique sera toujours plus fort que vous dans l’adversité. »

La violence perverse dans la sphère privée
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          5ème étape : Et ça continue, encore et encore...            

La tempête est là. Elle ne cesse de s’amplifier. Le partenaire victime, regardant le spectacle avec la plus grande inquiétude, constate que ses efforts n’ont servi à rien ! Ses réflexions repartent de plus belle, et le pervers finit par devenir, à ses yeux, un destructeur incompréhensible et incontrôlable.

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> Tous les efforts sont alors dirigés vers les enfants qui sont de plus en plus mal : le partenaire victime fait tout pour les RASSURER et les PROTEGER en cultivant un quotidien vivant et animé.

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         6ème étape : « Le toit va-t-il finir par s’envoler ? »

« Mais que cherche-t-il (elle) en voulant détruire sa famille ? En est-il (elle) conscient ? Est-il (elle) malade ? Suis-je son partenaire ou sa mère ? ». Ayé, le toit vacille, craque. La réciprocité dans la relation est absente. Supporter en silence s'avère impossible.

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> L’idée d’une RUPTURE se dessine, et les questions qui y sont associées hantent le partenaire victime. Les conséquences que pourraient engendrer ce choix sur la protection des enfants sont terrifiantes, et conditionnent son choix.

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« La force du pervers : un instinct très fort et troublant, certaines victimes sont effarées et il leur semble que leur agresseur a une sorte de clairvoyance démoniaque : si on tente de déjouer son attention, on a l’impression qu’il sait tout. Lorsqu’il sent que vous allez vous en aller, lorsqu’elle pressent que vous avez compris, la fureur redouble ! »

La violence perverse dans la sphère privée 
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            7ème étape : Je reste, mais j’encaisse 

Il est rare qu'un conjoint victime ne tente pas de faire face à la situation, et ce même après avoir envisagé une rupture. C’est ainsi que celui-ci va continuer à supporter l’insupportable, tout en ayant acquis une lucidité qui n’échappera pas au pervers.

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> La distance mise en place avec le conjoint pervers va finir par faire éclater son DESIR DE DESTRUCTION au grand jour.

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          8ème étape : Les enfants, ou une nouvelle arme de guerre pour le pervers

C’est ainsi que le conjoint victime ne sera plus en mesure de protéger ses enfants, désormais impliqués ouvertement dans un conflit d’adultes par un pervers en mode « attaque ». De fait, les enfants seront amenés à prendre partie pour l’un ou l’autre parent.

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> Des ROLES SPECIFIQUES sont alors attribués aux parents (l’un est victime, l’autre est l’agresseur), rôles réels ou non, définitifs ou interchangeables. Quoiqu’il en soit, cette étape, construite progressivement au fil des années, révèle une influence malsaine sur le développement des enfants (cf zoom sur l'enfant), et peut laisser craindre également la genèse d’un SYNDROME D’ALIENATION PARENTALE en cas de rupture.

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       9ème étape : le dernier appel 

Le conjoint victime tentera alors, dans un dernier souffle, de faire appel à nouveau à l’entourage. Sans succès. « Les personnes que vous aimez vous décevront : il faut comprendre que la séduction est forte, et qu’il leur faut un effort pour accepter l’idée qu’elles ont été bernées ».  La violence perverse dans la sphère privée 

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> La rupture est décidée par le conjoint victime qui voit la fuite comme l’ULTIME SOLUTION pour protéger ses enfants.

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Hélas… force est de reconnaître que la solution (s’il y en a une…), ne se limite pas à une rupture...

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« La famille a toujours été protégée et le législateur s'interdit de s'occuper des affaires privées des personnes. D'où la porte  ouverte à tous les abus. »

La violence perverse dans la sphère privée 

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II. Se séparer d'un pervers narcissique

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Toute décision prise à l’encontre d’un pervers peut rapidement se retourner contre un conjoint soucieux du bien être de sa famille. La rupture en fait partie. En effet, s’il paraît évident que l’éloignement du destructeur ne peut qu'être profitable au reste de la famille, la réalité est parfois tout autre.

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            10ème étape : Un soulagement relatif 

Le conjoint victime sera envahi d’un sentiment de soulagement teinté de la peur d’une attaque fatale, effectivement en préparation…

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> Le pervers va, en effet, prendre un temps pour conjuguer tous les atouts qu’il possède, afin de DETRUIRE SON PARTENAIRE.

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         11ème étape : De l'incompréhension à l'accusation   *

« Si l’interlocuteur n’a pas connu l’expérience ou s’il n’a pas une grande ouverture d’esprit et d’écoute humaine, la victime n’est pas crue. […] Et il est déjà tellement difficile sinon impossible d’expliquer ce qui se passe tant la situation est complexe. En vérité, lorsqu’on cherche à expliquer, on se trouve ridicule parce que les faits semblent anodins».

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« Aucune remise en question de l’agresseur […], d’où son pouvoir de conviction et de manipulation. Par contre, sentiment de culpabilité et malaise de la victime, lorsque la victime ne se retrouve pas elle-même accusée publiquement ou juridiquement.»

La violence perverse dans la sphère privée 
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> La victime, incomprise jusqu’ici par l’entourage (professionnels et/ou proches), va se voir attribuer LE ROLE DE L’AGRESSEUR. Le véritable coupable, quant à lui, se cachera derrière le masque d’une victime meurtrie.

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             12ème étape : Des enfants armés*

Les enfants seront parallèlement de plus en plus sollicités par le pervers pour poursuivre son œuvre destructrice. C’est ainsi que des revirements impressionnants pourront être observés, nourris par les accusations dont fera l’objet le conjoint victime.

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> Le syndrome d’aliénation parentale sera à présent effectif, à une intensité plus ou moins variable (voir la première thèse de doctorat  de médecine sur le "Syndrôme d'aliénation parentale" sur le site acalpa).

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Ce scénario terrifiant n’est pas une fable. A quand le procès des vrais coupables ???

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« La perversité narcissique n'est pas dans la nomenclature des pathologies mentales mais surtout c'est qu'elle N'EST PAS une pathologie mentale même si l'agresseur a bien l'air fou ; C'EST UNE PATHOLOGIE DU LIEN ;  et la justice ne punit pas la méchanceté car la méchanceté n'est pas un délit. »

La violence perverse dans la sphère privée 

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